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Lot 1 : dans les coulisses de la conception
d’un bâtiment industriel

Visible depuis toutes les entrées du site, le lot 1 ne pouvait être un bâtiment comme les autres. Sa conception a mobilisé une réflexion fine sur l’architecture, la lumière et les usages, avec un objectif : proposer un bâtiment industriel adaptable, lisible et cohérent avec l’identité d’USIN. Nathalie Casefont, architecte chez Ateliers 4+, et Anne-Sophie Bonhour, cheffe de projet construction au Groupe SERL, en charge du pilotage du lot 1 pour la SAS USIN, reviennent sur les choix qui ont structuré le projet.

Lot 1 – Perspective nocturne

 

Penser une architecture à 360°

Le lot 1 occupe une position singulière au sein du site USIN. Contrairement à d’autres bâtiments plus en retrait, il est perçu sous presque tous les angles — par les piétons qui longent le grand axe structurant depuis le parking nord, par les poids lourds qui remontent depuis l’entrée sud, par les usagers qui franchissent le portail de sécurité. « Pour nous, le lot 1, c’est le premier bâtiment qu’on appréhende vraiment une fois qu’on a passé le portail, expose Nathalie Casefont. Il est à la croisée de deux axes, ce qui fait qu’on en a une perception à 360°. »

Cette exposition multiple est loin d’être anecdotique : si le bâtiment est « vu de partout », il doit avoir une présence cohérente depuis chacune de ces positions. C’est ce qui a conduit l’équipe à travailler avec soin les façades est et ouest, considérées comme les deux faces les plus structurantes de l’édifice.

Il faut dire qu’avec ses 2 600 m² environ, répartis en quatre lots modulables (trois espaces d’activité de 504 à 790 m² et un lot de bureaux ou laboratoires de 575 m²), le bâtiment ne se contente pas d’occuper une position stratégique : il concentre aussi une diversité d’usages qui renforce sa visibilité et son rôle structurant à l’échelle du site.

Construire une identité architecturale cohérente

Le trait le plus immédiatement visible du lot 1, c’est la souplesse de son enveloppe : des angles arrondis, des courbes qui ceinturent le bâtiment et créent un porte-à-faux sur la circulation piétonne. Une écriture qui tranche avec l’image traditionnelle de la « boîte à chaussures » industrielle, mais qui s’inscrit pourtant dans une continuité avec le site. « Sur le site, l’un des bâtiments existants a des formes arrondies, raconte Nathalie Casefont. Ça m’avait marquée lors de ma première visite et j’ai eu envie de reprendre cette idée de courbe, d’en faire un fil conducteur. »

Photo prise sur le chantier – avril 2026

Cette recherche d’une architecture singulière s’est toutefois construite dans un cadre précis. À l’échelle d’USIN, un cahier des charges architectural impose une cohérence d’ensemble, par exemple à travers une palette chromatique restreinte. Le lot 1 propose de s’inscrire dans cette dynamique de gris et de blanc, fidèle aux bâtiments d’origine, à rebours des teintes sombres souvent privilégiées dans les constructions industrielles récentes.

Cette tension entre expression architecturale et cohérence d’ensemble se retrouve également dans le traitement des espaces intérieurs. Là où les façades cherchent à renouveler l’image du bâtiment industriel, les bureaux assument pleinement leur caractère technique : les réseaux (conduits de ventilation, chemins de câbles, cassettes) restent apparents, dans une logique déjà à l’œuvre sur d’autres lots du site. « C’est un parti pris qu’on a souhaité développer sur l’ensemble des lots, assume Anne-Sophie Bonhour. Cela contribue à avoir une vraie identité et une esthétique industrielles, associées au site. »

Faire entrer la lumière

Dès les premières esquisses, la lumière naturelle s’est imposée comme une donnée d’entrée de la commande, et non comme un détail de finition. Sur un site industriel urbain comme USIN, où la qualité du cadre de travail est un argument à part entière, c’est un enjeu reconnu à l’échelle de l’ensemble des lots. L’option des sheds en toiture, déjà mise en œuvre sur les bâtiments historiques 101, 102 et 105, a été étudiée puis écartée, car insuffisamment efficace sur de petits volumes.

La solution retenue est plus discrète mais tout aussi efficace : des lames de bardage aléatoires en polycarbonate translucide, courant sur tout le périmètre de la façade, associées à des lanterneaux en toiture. « On ne voit pas à travers, mais ça apporte une lumière diffuse et généreuse à l’intérieur des volumes », précise Nathalie Casefont. Une réponse sobre et inventive à une exigence qui, chez USIN, est devenue une signature. Le lot 1.4 (destiné à accueillir des bureaux ou un laboratoire) est quant à lui largement vitré.

Perspective lot 1 – angle sud-est

Une flexibilité qui fait déjà ses preuves

Le lot 1 a été conçu dès l’origine pour être divisible. Cinq unités autonomes – chacune avec sa zone d’activité, ses bureaux, ses accès séparés – disposées côte à côte, avec des murs potentiellement ouvrables pour créer des connexions entre lots. Mais la flexibilité n’a pas attendu la livraison pour être testée : dès la phase de consultation, deux lots ont été fusionnés pour créer une unité d’environ 790 m², mieux adaptée à la demande du marché actuel. « On a mis en pratique la modularité avant même d’avoir des preneurs, observe Anne-Sophie Bonhour. Les plans le permettaient aisément : c’est la preuve que la conception initiale était la bonne ! »

Le projet intègre aussi des possibilités d’évolution moins visibles, mais révélatrices de la manière dont le bâtiment a été pensé. Dans les trois lots d’activité, le plancher haut des bureaux a été dimensionné avec une portance suffisante pour permettre, à terme, la création d’une surface supplémentaire de mezzanine, sans renforcement de structure. Une façon d’anticiper des usages futurs sans les figer d’emblée, et de permettre une croissance de la surface exploitable pour les futurs locataires.

Photo prise sur le chantier – avril 2026

Penser le bâtiment dans le temps long

La certification BREEAM « Very Good », déjà obtenue pour les lots 2 et 3, est à nouveau visée pour le lot 1. Elle se traduit moins par des choix architecturaux spectaculaires que par des engagements de conduite d’opération : gestion du chantier, sécurité, nuisances limitées pour les riverains et les occupants du site, sobriété énergétique sur la base-vie, tri des déchets. Mais certains éléments de conception y contribuent directement, à commencer par l’installation d’une toiture photovoltaïque confiée en tiers investissement par SERL ENERGIES, et dont l’électricité produite sera injectée dans le système d’autoconsommation collective du site.

Sur la performance énergétique, une décision mérite d’être soulignée : le lot 1.5, l’unité tertiaire du bâtiment, a été conçu en conformité avec la réglementation RE2020, alors que celle-ci ne s’appliquait pas encore au moment des études. « C’est un choix délibéré sur le site d’anticiper autant que possible le changement de règlementation, , explique Anne-Sophie Bonhour. C’est aussi un argument de commercialisation pour USIN : cela garantit des bâtiments confortables avec des charges maîtrisées pour les locataires. » Une longueur d’avance choisie, et non subie.

Dans le même esprit, une démarche de réemploi de matériaux a été engagée en cours de chantier avec l’entreprise générale Valentin, qui mène les travaux, notamment pour les équipements sanitaires, les carrelages et les moquettes, par le biais des plateformes spécialisées. Il faut en accepter l’aspérité — des sanitaires qui ne sont pas tous du même modèle, des tailles de carrelages qui varient d’un lot à l’autre. C’est le prix d’une cohérence environnementale qui prime sur l’uniformité esthétique. Et c’est, au fond, ce qui caractérise la manière dont USIN pense chaque nouveau bâtiment : non pas comme un objet isolé, mais comme une pièce d’un ensemble plus large, conçue pour durer et pour évoluer.

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